Une sœur aux mains habiles. Deux autres, à un océan de distance : l’une en Belgique, l’autre sur la Rive-Nord. Deux sacs, cousus par le même fil :
« Je voulais leur faire un cadeau. »
En cousant ces deux sacs, Sylvie venait de redémarrer la machine. Un geste simple. Un élan retrouvé. Ce n’était pas neuf. Plutôt une couture laissée en plan. Elle avait commencé à coudre à l’adolescence, avec sa mère d’abord, puis dans un cours sur la Plaza Saint-Hubert, dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, à Montréal.
Un geste pour ses sœurs. Et, sans le vouloir, pour elle. Ce qu’elle avait cousu pour donner, allait bientôt la ramener à ce qu’elle aimait faire.
Couture durable : La seconde vie des étoffes
Sylvie coud comme on écrit une lettre. À la main, parfois. Mais surtout à la machine. D’abord, choisir le tissu. Trouver la ganse; ni trop rigide, ni trop fine. Agencer une doublure qui soutient sans voler la vedette. Harmoniser les matières pour un tout cohérent :
« Ce n’est pas la couture en soi qui demande le plus de concentration, dit-elle. C’est tout le reste : le mariage du tissu avec le modèle, la poignée, la texture, la couleur. »
Du coton, du polyester, du jacquard, du denim. Des matières oubliées ou déclassées, récupérées, triées, transformées. Un napperon, un signet, un sac, une pochette. Tout tient à un tissu bien choisi, une coupe sûre, un détail qui lie.
Atelier de couture écoresponsable : Un lieu pour coudre et penser
Dans son atelier, les étoffes côtoient les livres, les rubans croisent les chaînettes. Tout y est à portée de main : matières, outils, idées.
« J’ai tout mis ensemble : couture, bijoux, bouquins. Ce n’était pas prévu, mais c’est devenu un espace à moi. Pour créer. Pour rêver. »
Elle aime l’univers du Moyen Âge, ses objets, ses formes, son rapport à la matière. Mais c’est Léonard de Vinci, figure emblématique de la Renaissance, nourri par l’héritage médiéval, qui l’inspire :
« Parce qu’il faisait toutes sortes de choses. Il n’était pas dans un seul domaine. »
Elle lui offrirait un sac. Pour qu’il y mette des « petits trucs ramassés en chemin ». Des choses à faire germer des projets, éclore des inventions.
Sylvie est discrète, drôle, attentive. Elle parle de son travail avec la même modestie qu’elle y met. Pas de grands discours, mais une idée qui revient :
« Je veux que les gens aient l’impression de se faire un cadeau. De mériter quelque chose de beau. »
Couture artisanale à Sainte-Rita : le silence comme ressource
« S’il y avait du bruit, de la pollution sonore, visuelle… je n’y arriverais pas. »
C’est dans le calme de son atelier que Sylvie trie, agence, ajuste. Elle étale les morceaux qu’on croyait inutilisables : un coin, un bout, une chute. Elle mesure ce qui peut encore servir.
Elle coud la suite.
Pour prolonger. Pour donner à ces fragments une deuxième forme, une nouvelle utilité. Ce sera un sac. Ou une pochette. Ou juste une attache à cheveux; bien faite, bien pensée, belle.
Quelque chose qu’on garde. Qu’on utilise. Qui fait du bien.
Un aperçu de son savoir-faire :
- Sac en tissu imprimé à motif végétal coloré, aux teintes vives de rouge, noir, turquoise et vert sur fond écru
- Sous-verres en tissu réutilisé, aux motifs floraux variés
- Sac réutilisable en tissu à motifs graphiques modernes, alliant des teintes douces de gris, bleu pâle et crème
- Signet en tissu fait main, orné d’un motif à pois blancs sur fond beige, avec un ruban satiné double pour marquer la page
- Sac en tissu à motif floral vintage, confectionné dans une toile épaisse aux tons riches

